Le temps du Labyrinthe - Pauline Libersart

Le temps du Labyrinthe

By Pauline Libersart

  • Release Date: 2019-02-18
  • Genre: Paranormal
Score: 5
5
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Description

Je m'appelle Clothilde... ou, je m'appelais ? Je ne sais pas. Je ne sais plus.

Je suis morte, mais j'ai l'impression d'être tellement vivante. Mon corps est là, mon coeur bat, mon esprit réfléchit. Je crève de trouille.

Dieu, la Bible et tout ça, me faisaient bien rire. J'étais trop occupée à mener ma vie sans me soucier d'autre chose. Le paradis, l'enfer, les anges, les démons... Maintenant, je sais que le purgatoire aussi existe. On peut s'y faire des amis sincères, des ennemis impitoyables et même y rencontrer son âme soeur.

Ici, nous l'appelons juste le Labyrinthe

***

Extrait

" Je passe la main dans mes cheveux, et je me fige. J'avais oublié l'état de ma tignasse. Si j'attrape celui qui a commis ce massacre, je le tue. Cette pensée, bien que réjouissante, ne résout pas mes problèmes. Moi aussi je commence à avoir faim, et mon cerveau est en surchauffe.

Trop d'informations délirantes en trop peu de temps. Si je n'étais pas si fatiguée, j'hyperventilerais et je ferais une petite crise de nerfs en me roulant par terre, histoire de me détendre. Malheureusement, comme l'a toujours dit ma mère, j'ai beau jouer les évaporées quand ça m'arrange, j'ai la tête aussi dure et solidement attachée aux épaules que mon père. J’aimerais bien pleurer, me lamenter sur mes misères... mais ça ne vient pas. Je suis trop pragmatique, trop terre à terre pour me laisser aller aux jérémiades.

Comme le répétait mon grand-père, geindre c’est bon pour les trouillards et ceux qui ont du temps à perdre. Moi, je n’en ai pas. Je dois survivre et je suis seule dans ce cauchemar. En plus, si je m’autorise à penser à l’enfant que j’ai heurté avec ma voiture, là je n’aurai pas envie de pleurer, mais juste de mourir. Je vais remiser cette idée pour plus tard, quand j’aurai réussi à voir clair et à comprendre le délire qui m’entoure. C’est étrange, je n’avais jamais imaginé que ma curiosité me maintiendrait un jour en vie. Et puis, il faut bien reconnaître qu’il me paraît assez difficile de m’ouvrir les veines avec une cuillère en bois. Il me restera quand même l’option du plongeon dans l’une des cheminées – si elle veut bien ne pas s’éteindre au moment où je me précipite dedans –, ou la possibilité d’une dégringolade d’escalier la tête en premier si je décide de passer à l’acte.

Quoique... si je suis morte, est-ce que je peux encore mourir ? Est-ce qu’on peut se suicider en enfer ? Ça, c’est une question pour le Bac de philo. "

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